Historique

C’est en 1945, peut-être pour effacer les années noires, que quelques chanteurs amateurs fondent l’Avenir. C’est bien sûr le régent qui en sera le directeur. Les répétitions ont lieu le jeudi soir dans la salle du Conseil, et les premières soirées dans l’atelier du charron. Ce n’est pas très grand, la scène est minuscule mais l’envie de chanter fait oublier ces inconvénients. Une dizaine de chœurs puisés dans le répertoire folklorique puis la  » Pièce « , souvent un drame en 3 actes joué par les membres de la société. Le Grillon du Foyer, Le Passeur de Minuit ou Le Luant du Mazot font pleurer la salle entière. C’est d’abord une société typiquement villageoise, qui vit presque en autarcie, avec, juste une fois l’an, la course, récompense attendue par tous les chanteurs qui n’ont pas souvent l’occasion de prendre du bon temps. C’est encore l’occasion de chanter, parfois pendant 2 jours, et d’oublier les soucis quotidiens.

Les années passent, les directeurs et les présidents changent, les soirées se donnent au battoir du village mais l’amour du chant reste. L’effectif s’étoffe, le répertoire se modifie un peu au gré des directeurs, mais l’on chante toujours l’amour, le vrai et celui du pays, de la terre et de la vigne. Cela convient à tous, c’est bien de chez nous et c’est des paroles qui collent au corps et au cœur.  » Salut salut, ô mon petit village,  » Chante Jura, La Neige Fond, Terre Jurassienne, tant de refrains qui ont accompagné toutes les sorties et toutes les parties de cave de l’Avenir. Puis l’arrivée d’un jeune directeur amène de nouveaux chanteurs qui viennent des villages voisins, c’est un apport de sang neuf qui donne un coup de fouet, on a envie de faire encore mieux, et l’on se frotte à ces notes avec plus ou moins de bonheur. On aimerait apprivoiser le bémol et le bécart, maîtriser le triolet et la double croche, ça n’est pas facile mais …on se croche !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’art choral n’est pas un art statique, il bouge, il évolue, il s’adapte à son époque. On apprend des chansons que l’on entend à la radio, des rythmes qui font sortir la charrue de son sillon et ça plaît aussi. Le chœur a envie de bouger, il va chanter en Gruyère, mais aussi en Allemagne, en Tchécoslovaquie et au Canada, et s’offre même une croisière de 10 jours en Méditerranée en 2001 et un magnifique voyage en Norvège en 2006, ça resserre les liens, on se sent plus fort, plus uni.

Pendant ce demi siècle, l’Avenir organise trois fois le Giron de la Morges, en 1964, 1978 et 1990 et il inaugure son nouveau drapeau par-dessus le marché.

Les soirées prennent d’autres tournures, les chants sont intégrés dans une histoire, avec un thème différent chaque année. Bien sûr on ne chante plus dans le battoir mais dans une belle salle qui permet des décors et des mises en scène plus élaborées. Puis, la fin du siècle qui prévoyait des bouleversements planétaires nous touche aussi. La commune de Bussy-Chardonney se jumelle avec Teillay, un village breton, ce qui donne au chœur mixte l’occasion d’aller chanter en France puis d’accueillir ces mêmes bretons avec une toute nouvelle directrice pleine d’entrain et de volonté. Chaque année de nouveaux membres viennent renforcer les rangs et c’est une société de plus de cinquante chanteurs qui regarde avec confiance vers…..l’AVENIR.

 

J. Mingard